Un conducteur, interpellé sur l’autoroute à Monnaie (Indre-et-Loire), à 238 km/h (226 retenus), a été relaxé hier, son avocat ayant soulevé une faute de procédure

Le 2 octobre dernier, sur l’A 10, un automobiliste bordelais de 42 ans, Jean-Christophe R., était flashé par les gendarmes, à la jumelle, depuis un pont, peu après Monnaie. Vitesse : 238 km/h (226 retenus) Trois kilomètres plus loin, le gérant de société était interpellé à bord d’une Audi R8, un bolide pouvant développer plus de 500 chevaux ! Son véhicule, propriété d’une société, n’avait pas été placé en fourrière.

Fin novembre, le prévenu comparaissait devant le tribunal de police, assisté de Maître Sébastien Dufour, un avocat spécialiste en droit routier, habitué des manchettes de magazine et des plateaux télé. L’avocat parisien contestait la validité du procès-verbal mettant en cause la bonne foi des gendarmes.

Le jugement de l’affaire était renvoyé à hier. C’est une relaxe totale dont a bénéficié le présumé contrevenant « Je ne suis pas surpris par cette relaxe, confiait à la sortie du tribunal l’avocat, car les gendarmes de Tours ont commis une grosse erreur en engageant les poursuites avant la rédaction de leur PV ; mon client a été convoqué en justice avant que son infraction n’ait été constatée par un PV dûment rempli. Le juge de Tours a donc considéré que l’irrégularité de la procédure entraînait la nullité du PV. »

Et pas question de parler de « moralité » à Maître Dufour : « Si des agents de police, parfois des gradés, ne respectent pas le code pénal, comment voulez-vous reprocher à un automobiliste de ne pas respecter un article du code de la route ? Charité bien ordonnée commence par soi-même. »

Le prévenu risquait jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Son avocat, toujours aussi « cash » dans ses propos nous indiquait qu’il avait facturé 2.300 € TTC sa défense à son client, estimant qu’il lui avait « fait économiser 2.000 € et une suspension d’au moins un an ».

En avril dernier, déjà, un autre automobiliste flashé à bord d’une Maserati à 224 km/h sur l’A 10 entre Reugny et Autrèche, avait été relaxé par le tribunal de police, pour une autre irrégularité de procédure décelée, relative au numéro de la jumelle utilisée !

Cette nouvelle relaxe ne manquera pas de faire réagir nos concitoyens qui auraient eu le malheur de dépasser la vitesse autorisée de 20 à 30 km/h, récoltant pour la peine une grosse amende et une perte de points. Mais des concitoyens qui n’ont certainement pas les moyens de ces Fangio d’autoroute au portefeuille bien rempli…

Pascal Landré
La nouvelle République