Avec l’apparition des premiers radars piétons, les passages cloutés deviennent une source de contraventions potentielles pour les automobilistes. Une de plus ! Ce dispositif repose sur une caméra et un système de lecture automatique des plaques d’immatriculation. Les mouvements des piétons sont reconnus et les conducteurs qui passent devant sans marquer l’arrêt peuvent être verbalisés.

Le radar piéton : une répression redoutable

Selon l’article R415-11 du Code de la route, tout conducteur doit céder le passage aux piétons engagés à traverser la route, ou circulant dans un espace comme une zone de rencontre ou une aire piétonne. Le refus de priorité à un piéton est puni sévèrement : retrait de 4 points et amende de 135 €.

Ce système n’est pas sans poser problème car les forces de l’ordre qui doivent constater l’infraction ne peuvent visionner qu’une très courte séquence des images captées par la caméra.

De nombreux conducteurs se sentent ainsi pris en défaut : accusés d’avoir grillé la priorité, ceux-ci considèrent que le piéton n’était pas engagé. Or, depuis 2011, toute manifestation du souhait de traverser, par le regard ou même par le fait d’attendre, relève de l’engagement.

L’appréciation des forces de l’ordre est donc soumise à une forte subjectivité et ceux-ci peuvent très vite considérer un automobiliste comme fautif alors pourtant qu’une séquence vidéo plus longue aurait permis de constater que le piéton ne souhaitait en réalité pas traverser.

Punir avant de sensibiliser ?

Ce nouveau type de radar représente un investissement important puisqu’il coûte près de 30 000 € par installation.

Ainsi, pour rentabiliser l’investissement, les forces de l’ordre vont indéniablement devoir verbaliser les automobilistes en nombre.

Par ailleurs, ces installations pourraient permettre à certains piétons malveillants d’abuser du système. On pense notamment aux plus jeunes d’entre nous, qui pourraient s’amuser à déclencher le système sans vraiment vouloir traverser et dans le seul but que les automobiles se fassent verbaliser.

Rappelons aussi sur ce point, que les piétons sont dans l’obligation d’emprunter un passage clouté dès lors qu’il se trouve à moins de 50 mètres. Les automobilistes, quant à eux, doivent respecter scrupuleusement les zones de rencontres et aires piétonnes, dans lesquelles ils doivent laisser systématiquement passer les piétons. Des bonnes pratiques simples, sur lesquelles il serait utile de sensibiliser régulièrement les usagers plutôt que de chercher à les verbaliser par tous les moyens.