Alors que les radars automatiques étaient censés lutter contre la délinquance routière et modifier les comportements des plus réticents, le constat après plus de 10 années de répression n’est pas celui auquel on pouvait s’attendre. Plus de 80% des excès de vitesse constatés par an sont en effet inférieurs à 10km/h, ce qui admettons-le, correspond plus à de l’inattention qu’à de la délinquance. Et en admettant bien sur que les radars soient correctement installés ce qu’aucun juge ne se risquera jamais à vérifier.

Habituellement, les propositions de loi relatives à la sécurité automobile et au code de la route visent essentiellement à accroître la répression.

Cependant, le sénateur des Républicains Alain Fouché propose courageusement à l’inverse de supprimer les amendes pour les excès de vitesse inférieurs à 10 kilomètres à l’heure.

Cette idée est notamment soutenue par Pierre Chasseray, le délégué de l’association “40 millions d’automobilistes”, qui rappelle que plus de 9 excès de vitesse sur 10 commis dans l’Hexagone sont des “excès de 0 à 20 km/h”.

Selon le texte proposé, le conducteur en tort perdrait tout de même 1 point sur son permis de conduire.

Cette sanction administrative sur le permis à points n’aurait d’ailleurs pas de sens puisque seul le paiement d’une amende peut entrainer un retrait de point. Le Sénateur n’a manifestement pas voulu pousser sa logique jusqu’au bout en dépénalisant tout simplement les petits excès de vitesse. Soit.

Le sénateur dénonce un “racket”

Les excès de vitesse compris entre 10 km/h et 20 km/h seraient selon la proposiiton quant à eux toujours sanctionnés par une amende. Alain Fouché a déjà préparé ses arguments pour répondre aux potentielles attaques des associations de prévention routière. Il s’est exprimé au micro de Public Sénat il y a quelques jours, dénonçant le “racket” infligé aux automobilistes Français.

Il ne s’agit pas selon lui d’un mauvais signal, les causes d’accident les plus fréquentes qu’il stigmatise sont “l’alcool, la drogue et les chauffards”.

Pour justifier les comportements de certaines personnes qui dépassent la limitation de vitesse, il explique par exemple que certains automobilistes se font “surprendre sur un changement de limitation de vitesse sur autoroute”.

« L’Etat dit que les radars ne sont pas faits pour générer de l’argent mais pour améliorer la sécurité routière, alors qu’il ne prenne pas de l’argent sur ces excès de vitesse-là ! », conclut Alain Fouché.

Chacun se fera bien évidemment son opinion mais avec quasiment un milliard de recette par an, le Centre National de Traitement des Infractions reste l’organisme public le plus rentable de France !